Un documentaire sur le porno, est-ce du porno?

L’acteur porno et réalisateur de films X HPG met toujours un trépied lors de ses tournages, une lubie, une habitude… ça l’amuse. Il avait ainsi des milliers d’heures de making of à disposition. Il a demandé à Raphaël Siboni s’il y avait moyen d’en faire un film, « un vrai, pas un X ». Ça a donné  « Il n’y a pas de rapport sexuel », sorti en salles cette semaine.

Véritable documentaire sur les tournages pornos, ce long métrage donne beaucoup à voir sur cette « industrie du sexe » et sur le jeu de comédie qui s’imprime ensuite à l’écran sur youporn ou autre.

Acteurs naturels et trucs du métier

Les acteurs sont bons, et pour cause : ils ne jouent pas. Cette caméra là, le trépied, ils l’oublient. Alors on peut voir un acteur porno se gratter les couilles devant la caméra entre deux prises, ou plus drôle, quand HPG filme une actrice en gros plan en train d’être secouée et de gémir… elle n’est pas en train de se faire prendre, non : l’acteur secoue juste le fauteuil sur lequel elle est assise et tape dans ses mains pour simuler l’entrechoquement des corps ou des fessées.

De nombreuses scènes permettent de déconstruire la sexualité fantasmée vendue dans les pornos : tout cela n’est qu’un jeu d’acteurs comme le raconte si bien Katsuni sur son blog. Le désir ou à l’excitation qu’on voit à l’écran ? Il faut bien comprendre que la pornographie est un travail. Dans la vidéo ci-dessous, HPG explique qu’il obtient de son acteur Phil Holliday une érection à la hauteur du cachet, pour 100 euros de plus, il l’a plus dure…

https://www.youtube.com/watch?v=JU06Iqod95k

Entre autres révélations de « trucs » du métier, je vous laisse imaginer l’utilisation qui est faite du lait concentré sucré quand les éjaculations ne sont pas assez fournies… Visiblement, le porno est un gros consommateur de produits laitiers.

Ce n’est pas l’organe sexuel qui est obscène

Lors de l’avant-première du film, j’ai pu m’entretenir avec le réalisateur de ce qui m’avait le plus posé question dans le film : ces scènes de « première fois devant la caméra » sont-elles de vraies premières fois?

« Non, ce ne sont que de fausses premières fois. Toutes ces « amatrices » qui filment leur soi-disant première scène ont déjà tourné avant. Le seul dont c’est vraiment la première scène, c’est l’acteur black ».

En effet, c’est un personnage marquant du film :  ce jeune, manifestement hétéro, qui veut « réussir dans ce business », à qui HPG, personnage haut en couleur, fait miroiter les plus belles filles et la réussite face à ces « connards de bobos en costard », et qui finit par le faire tourner… comme passif dans une scène gay. De l’art de se faire enculer, au propre et au figuré. On voit par ailleurs que certains de ces acteurs « gays malgré eux » se masturbent devant des films hétéros avant de passer à l’action, voir pendant l’action en regardant sur écran géant un porno hétéro.

Ce qui est réellement obscène dans ce film, ce ne sont pas les sexes apparents, non, c’est l’irruption du réel.

« Effectivement ce qui est le plus choquant finalement ce sont ces moments de réel sur des tournages où tout n’est que simulation. C’est ce moment où la fille se met à pleurer, parce que ça va trop vite, trop fort, et que HPG lui demande de dire à la caméra « qu’elle est trop heureuse ». C’est ce moment où un acteur et une actrice, hors champ de la caméra principale, vont partager un moment d’intimité réelle ensemble. »

Il y a aussi des moments de comédie pure dans ce film (pourtant a priori je ne m’attendais pas à une salle pliée en deux). Ainsi, HPG improvise un scénarioet des dialogues en direct live alors que les acteurs sont maquillés et habillés, dans une confusion telle qu’aucun spectateur ne comprend rien… les acteurs vont réusssir à reprendre sans sourciller devant la caméra, et sans se planter (!), les incompréhensibles dialogues d’HPG! Le naturel des protagonistes est confondant, un résultat qui n’aurait pas pu être obtenu sans cette caméra permanente et qui se fait oublier. Difficile en effet d’obtenir artificiellement cette alternance de naturel et de « mal joué » quand la caméra principale tourne.

Interdit aux moins de 18 ans mais pas classé X

En tout cas cela donne un film très intéressant, surprenant en ces temps de « politiquement correct » par tout ce qui est assumé et transgressif, souvent drôle, alternant SM, sexe, drogue, hétéro, homosexualité, parfois gênant comme cette fille qui pleure à la fin d’une scène qu’elle a manifestement mal vécue, parfois poétique comme ce couple qui se donne du plaisir dans la campagnes entre deux scènes, parfois jouissif comme cette fille qui manifestement s’éclate et en redemande au point d’être à deux doigts de « violer » HPG qui aimerait bien qu’elle se barre, ennuyeux parfois aussi lors de séquences à rallonge, ce qui correspond à un parti-pris du réalisateur : « les rushes originels étaient très répétitifs, il y a beaucoup d’attente entre les scènes lors d’un tournage ».

Le film a été interdit aux moins de 18 ans par le CNC, mais pas classé X, ce qui a ouvert la porte à une exploitation en salles traditionnelles. Une fois le film terminé, l’équipe du film était pourtant dans l’expectative (« On ne savait vraiment pas s’il serait classé X ou interdit aux moins de 18 ans. ») et au vu des derniers classements du CNC concernant Sleeping Beauty ou Histoire(s) de sexe, tout était possible. Au final on peut retenir que le CNC avait trouvé que l’ambition artistique d’Histoire(s) de sexe n’était pas avérée, alors qu’ils ont reconnu un intérêt à ce documentaire.


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