Quelle influence de l’inconscient des parents sur l’enfant à naître ? • Mon blog sexo

Pas réellement une fiche de lecture, mais un devoir réalisé dans le cadre du module « développement psychosexuel de l’enfant » de la formation en sexologie du CERFPA.

Si l’influence des parents, tant consciente qu’inconsciente, sur l’inconscient des enfants dans la petite enfance est un fait largement admis, l’influence sur l’enfant à naître semble bien moins évident à première vue.

J’ai tenté d’aborder cette question à différentes échelles : celle de la transmission directe parents-enfants, mais aussi celle de la chaîne transgénérationnelle, et enfin l’idée d’un inconscient collectif de l’humanité.

Enfant imaginaire, enfant réel

Avec la contraception, et toutes les technologies qui entourent désormais la grossesse (en occident au moins), l’enfant à naître n’arrive pas dans un climat vierge, ce n’est plus le cadeau du ciel qu’il a pu représenter autrefois. Il est le plus souvent le résultat d’un désir d’enfant, d’un projet en couple, seul(e) – ou avec plus d’intervenants dans le cas de GPA par exemple[1].

Dès lors, l’imaginaire des parents, la place qu’ils réservent à leur enfant, en seront impactés. Cet enfant imaginaire sera transporté dans la conscience mais aussi dans l’inconscient des parents pendant toute la grossesse. La confrontation avec l’enfant réel, à partir de l’accouchement, donnera sans doute lieu à de nombreux ajustements. Mais avant cela, de nombreux aspects de cet enfant imaginaire, de la place qu’on lui laisse, des défauts et qualités qu’on lui prête – consciemment mais surtout inconsciemment – s’imprimeront dans l’inconscient de l’enfant. Qu’on soit heureux ou angoissé de cette naissance à venir, qu’on imagine un garçon ou une fille, que la grossesse soit arrivée rapidement et sans effort ou qu’elle résulte d’un long processus semé d’embûche, comme une PMA[2]… autant d’éléments qui ne peuvent qu’impacter l’inconscient de l’enfant pendant la grossesse.

Comment ? On ne le sait pas encore – je reviendrai sur l’épigénétique et l’inscription dans les gènes des traumatismes des parents, mais cela n’explique pas tout. Que la mère soit tendue ou relaxée, que son corps réagisse en se tendant lorsqu’elle entend la voix du père, autant de façons sans doute d’imprimer des associations inconscientes. Mais au-delà d’explications techniques parcellaires, l’essentiel reste de constater les faits.

Désir et place de l’enfant

Pour ce devoir, j’ai souhaité compléter mes lectures par des informations de première main, et j’ai interrogé une amie auxiliaire de puériculture de la maternité du CHU de Caen. Elle accompagne la naissance d’enfants de milieux et de trajectoires très différentes, et les premiers jours de leur vie. Quand je lui ai demandé ce que cette question soulevait en elle dans son expérience concrète, c’est la question du désir d’enfant qui est assez vite apparu comme ce dont elle voit la trace à la naissance : « Pour moi la clé de voûte c’est le désir. Pour le bébé à naître, prendre sa place, sentir celle qu’on lui prépare, entendre les émotions du père à travers la mère, ça a une influence ! »[3].

Dans un sens négatif tout d’abord : « J’ai vu plusieurs fois des mères qui faisaient un déni de grossesse. Avec le ventre qui ne gonfle pas, pas de symptômes, un corps qui se comportait à l’opposé de la grossesse. Ce que j’ai constaté, c’est qu’une fois nés ce sont des enfants ne prennent pas de place. Ils ne pleurent pas, ils se font oublier, on ne les entend pas…. ils ne se révèlent que quand on les autorise à exister. »[4].

Ici la transmission est limpide : l’inconscient de la mère refusant de faire une place à l’enfant, l’occulte au point que son corps ne reconnaisse même pas sa grossesse. Le désir d’enfant est nul : la mère désire inconsciemment qu’il n’existe pas. L’enfant semble avoir intégré ce désir de sa mère et tente d’y répondre en se faisant discret, en niant sa propre existence [5].

À l’inverse, le long processus de la procréation médicalement assistée ou de la fécondation in vitro va amener les parents à « beaucoup réfléchir sur leur désir d’enfant. Dans un premier temps, on cherche pourquoi ça ne marche pas, pourquoi tu en as envie à ce point. Ce sont des parents qui cogitent, qui réfléchissent beaucoup. C’est marqué sur leur dossier « maman FIV ». On sait qu’elle sera stressée (c’est une énorme pression pour elle), et ça stresse aussi les équipes, qui trouvent qu’elle se pose trop de questions… Les bébés de FIV, ce sont souvent des bébés qui pleurent, qui sont tendus, qui ont des coliques. » [6]

Là encore, les angoisses et les affres de cette maman FIV (ou des deux parents ? cf plus bas) semblent avoir imbibé l’enfant, qui sent combien il est considéré comme fragile, mais aussi comme important.

La place du père

Et le père dans tout cela ? Lui aussi doit intégrer son désir d’enfant, prendre sa place de père. Lui aussi traversera des bouleversements conscients et inconscients pendant la grossesse. Pourtant, cet aspect est passé sous silence ou nié dans la culture occidentale. « Alors que la sexualité a acquis droit de cité, au point d’obnubiler parfois les esprits, la procréation, son rôle et ses répercussions psychiques semblent être l’objet d’un refoulement général dès lors qu’il s’agit de l’homme. »[7] Au point que Geneviève Delaisi de Parseval consacre tout l’avant-propos de la Part du père[8] à cette question du déni du vécu paternel dans notre civilisation.

Cette dénégation n’est pas le cas sur toute la planète, puisque la couvade, ensemble d’interdits et de prescriptions qui touchent le père dont la compagne est enceinte, associe le père à la grossesse dans de très nombreuses régions du globe. Plus qu’une simple façon de revendiquer la paternité, ce rituel associe l’homme à la grossesse Il fournit de la matière à B. This puis à G. Delaisi de Parseval pour interroger les effets de la grossesse sur la psyché du père (même s’ils s’attardent peu sur les effets en rebond sur celle de l’enfant). G. Delaisi de Parseval avance, avec P. Rivière, une explication anthropologique envisage que le père prend sa part dans la conception de l’enfant, en nourrissant sa partie spirituelle. Dans cette vision, la mère n’est plus seule à nourrir l’enfant en son sein, mais le père prend sa part dans cette conception en accompagnant la naissance de l’âme… dans les dimensions conscientes et inconscientes.

Pour le père occidental non soumis à ces rituels, l’attente de l’enfant sera souvent une période troublée. Alors qu’on attend de lui qu’il exprime sa joie, son inconscient joue une musique différente. « Est-il normal d’être inquiet ? me demandait un père qui passait ses nuits à rêver d’enfants morts, de dents arrachées, de ballons dans lesquels, rageusement, il donnait des coups de pieds ? »[9]. Le père traverse en effet « des circonstances de remaniement libidinal intense, [à savoir]  le devenir-père »[10], ces bouleversements étant plus marqués s’il s’agit du premier enfant. Pour se protéger de ces bouleversements, le nouveau père peut alors multiplier les prises de risques ou des passages à l’acte sexuel, et « un certain nombre de conduites névrotiques et immatures peuvent accroître de façon considérable le caractère anxiogène, pour la femme, de l’ensemble de la situation. »[11]. On peut penser que par rebond, l’enfant à naître puisse être impacté par ces angoisses.

Fantômes, cryptes et deuils impossibles

Si les parents transmettent une part de leur inconscient personnel à leur enfant durant la grossesse, ils peuvent aussi être les vecteurs de psychoses ou de traumatismes dont eux-mêmes ne sont que les héritiers, les passeurs.

Même si dès 1912, dans Totem et Tabou[12], S. Freud évoquait l’hypothèse d’une « âme collective » qui expliquerait la transmission de l’inconscient d’un individu à celui d’un autre individu, les travaux de N. Abraham et M. Törok semble constituent un tournant dans la théorie et la pratique psychanalytique, en incorporant l’idée d’une transmission de schèmes inconscients à plus grande échelle.

Dans L’écorce et le noyau[13], ils avancent ce qui forme la clé de la psychanalyse transgénérationnelle : la possibilité de transmission inconsciente d’un secret de famille d’une génération à l’autre. Secret qui rejaillit ensuite, plusieurs générations plus tard, sous forme d’un nouveau traumatisme, dont les dates ou les circonstances fond écho au secret en question : date anniversaire de naissance ou de mort, lieu de l’accident, membre ou organe atteint par la maladie. Une loyauté invisible, inconsciente, qui pousse les descendants à répéter sans fin le traumatisme originel.

« Dans certains cas (de secret, entre autres), tout se passe comme si un mort dans des circonstances dramatiques, honteuses, ou « injustes » ne pouvait s’en aller et restait attaché à la famille sous la forme d’un fantôme ou d’un revenant, caché ou mal enterré dans une crypte dans le cœur d’un descendant, et s’exprimant parfois comme un ventriloque et parfois sous la forme de symptômes répétitif et passant de l’inconscient d’un parent à l’inconscient d’un enfant » [14].

Ce fantôme, fragment d’inconscient traumatique, se retrouve transmis cette fois non plus seulement des parents à l’enfant, mais dans toute la chaîne de parents et d’enfants d’une famille.

Aude Ancelin Schutzenberger constate à son tour à quel point ces fantômes sont présents, parfois même s’amplifient, chez les descendants de morts violentes : « Les transmissions transgénérationnelles sont des choses non dites. […] On voit alors apparaître des traumatismes, des maladies […] On voit même apparaître des cauchemards terrifiants chez certains petits-enfants de déportés, résistants, nazis, trépassés en mer et divers morts sans sépulture. »[15]. L’inconscient hérité par-delà les générations est avant tout lié à une mémoire traumatique, il peut même être transmis par un parent « porteur sain » qui ne développera pas de symptômes mais transmettra tout de même cette mémoire traumatique à son enfant. Ce dernier pourra donc développer des symptômes incompréhensibles si l’on ne les analyse pas à la lumière de deux, trois ou davantage de générations.

Les explications sont très diverses sur la façon dont se produit cette transmission inconsciente. cela pourrait être « par l’unité duelle mère-enfant. Et peut-être aussi par une mémoire transgénérationnelle que l’on constate, mais qui reste à prouver. Je crois que lors de sa croissance dans l’utérus, l’enfant rêve comme rêve sa mère, et que toutes les images de l’inconscient maternel et du co-inconscient familial peuvent impressionner la mémoire de l’enfant qui va naître. Cette hypothèse, hélas, n’a encore donné lieu à aucune exploration scientifique sérieuse.« [16] Ainsi, « les voies neurologiques et biologiques de transmission de caractères acquis ne sont pas encore déterminées […] On pourrait parler, avec Moreno, de co-conscient familial et groupal, et de co-inconscient familial et groupal, d’unité duelle mère-enfant in utero (Maria Török), d’imprégnation mémorielle en père et fils, ou grand-père et petit-fils, de co-soi (Ada Abraham), de fantôme et de crypte (Nicolas Abraham et Maria Török), suivant un secret et un non-dit des parents »[17]

Depuis une vingtaine d’années, un certain nombre d’études en épigénétiques s’intéressent aux transmissions des traumatismes sous un angle génétique et épigénétique, sous la forme de gènes affectés par les traumatismes des parents. La transmission inconsciente passerait donc en partie par l’inscription du traumatisme dans le corps, au plus profond des cellules. Ces thèses sont très discutées[18], mais elles montrent bien l’intérêt de la recherche pour la transmission d’informations inconscientes avant la naissance.

Plus fascinant encore, des études physiologiques montrent qu’au-delà de s’inscrire dans les gênes ou de se faufiler de génération en génération, ces fantômes gagnent en puissance à mesure qu’ils se transmettent : « le traumatisme transmis est bien plus fort que le traumatisme acquis, comme on vient de le découvrir par le dosage du cortisol, l’étude des récepteurs aux corticoïdes et de la sécrétion du CRF (Cortico Realising Factor) dont le taux, cité par Cyrulnick, 1999, est quatre fois plus fort chez les descendants que chez les traumatisés. Ainsi les enfants des survivants de l’holocauste souffrent-ils trois fois plus de syndromes post traumatiques que leurs parents, qui ont souffert dans le réel et y ont fait face. »[19]

En posant qu’« il faut trois génération pour faire un psychotique, deux générations de parents ou de grands-parents psychosés, dans la génétique du sujet, pour qu’il soit psychosé » [20], Françoise Dolto résumait bien ce processus : l’histoire inconsciente des ancêtres peut être transmise, en plein ou en creux, grossissant comme une avalanche, jusqu’à dévaster la psyché de l’enfant qui la reçoit au final.

Inconscient collectif et co-inconscient

Alors que Freud lui-même évoqué cette âme collective dans Totem et Tabou[21], il n’a ensuite plus souhaité explorer cette piste (peut-être que d’imposer une vision selon laquelle la sexualité gouvernait le monde représentait un défi suffisant).

La querelle autour de l’idée d’un inconscient collectif sonnera le glas de sa relation avec Jung, présenté jusque-là comme son héritier spirituel.

Les parts inconscientes évoquées jusqu’ici sont issus d’inconscients personnels, celui des parents, voire des grands-parents, des ancêtres… mais « À côté de ces contenus personnels, il en existe d’autres, qui ne sont pas personnellement acquis ; ils proviennent des possibilités congénitales du fonctionnement psychique en général, notamment de la structure héritée du cerveau (…) je désigne ces contenus en disant qu’ils sont inconscients collectifs »[22], dit Jung.

Il se pourrait donc bien qu’en plus de leurs propres préoccupations inconscientes, et de celles de leurs ancêtres, les parents transmettent également à leur enfant à naître l’héritage d’un inconscient encore plus vieux : celui de l’Humanité.

Cet inconscient partagé, loin des préoccupations personnelles, traumatismes et secrets de famille, serait essentiellement constitué d’archétypes universels :  » Les instincts et les archétypes constituent l’ensemble de l’inconscient collectif. Je l’appelle « collectif » parce que, au contraire de l’inconscient personnel, il n’est pas fait de contenus individuels plus ou moins uniques ne se reproduisant pas, mais de contenus qui sont universels et qui apparaissent régulièrement « [23]

Ainsi, chaque enfant à naître reçoit ainsi un accès au co-inconscient de l’Humanité entière, celui de ses ancêtres comme des premiers hommes.

Personnel, familial et collectif : échelles de l’inconscient

En étudiant l’influence de l’inconscient des parents sur celui de l’enfant à naître à ces différentes échelles, j’aurai ainsi cherché à montrer :

– comment l’enfant peut recevoir des parts du désir (ou non-désir) de ses parents, et de l’espace qui lui est proposé,

– mais aussi se retrouver héritier de traumatismes plus anciens et de secrets de famille,

– et enfin, comment ses parents lui donnent également accès à une connaissance inconsciente plus profonde, partagée par l’humanité toute entière.

Bibliographie

ANCELIN SCHÜTZENBERGER, A., Aïe, mes aïeux !, 1993, Paris, Desclée de Brouwer, 268 pages

ABRAHAM, N et TÖROK, M, L’écorce et le noyau, Paris, Flammarion, 1978

CAILLOCE L., Edith Heard ou la révolution épigénétique, 19/02/2019 dans CNRS Le Journal

DELAISI DE PARSEVAL, G, La part du père, Paris, Seuil, 1981, 320 pages

DOLTO F. (1971), Le cas Dominique, Paris, Le Seuil, 278 pages

FAURE-PRAGIER, S., Les bébés de l’inconscient – le psychanalyste face aux stérilités féminines aujourd’hui, Paris, PUF, 1997, 247 pages

FREUD, S., Totem et Tabou, Paris, Payot, 1972, 185 pages

JUNG, C.G., Types psychologiques, éditions Georg, Paris, 1997, 505 pages

JUNG, C. G., L’Énergétique psychique, Genève, Georg, 1973, 252 pages

MAILLARD, C., VAN EERSEL, P., J’ai mal à mes ancêtres, Albin Michel, Paris, 2002, 196 pages

THIS, B, Le père, acte de naissance, Paris, Seuil, 1980, 318 pages


[1] Je mets de côté dans ce paragraphe des grossesses plus problématiques, comme à la suite d’un viol, mais on comprendra que la place de l’enfant dans l’imaginaire de la mère qui décide ou est forcée de le garder soit violemment perturbée – comme dans le cas du déni de grossesse abordé plus loin.

[2] Sylvie Faure-Pragier analyse en profondeur comment l’inconscient de la mère est mobilisé avant même la conception dans Les bébés de l’inconscient – le psychanalyste face aux stérilités féminines aujourd’hui, Paris, PUF, 1997, 247 pages

[3] Entretien avec G. Q., auxiliaire de puériculture, 26 mai 2020

[4] Id.

[5] G. ne suit pas les enfants après la sortie de la maternité. Mais on peut risquer l’idée qu’étant nés avec l’interdiction inconsciente de vivre, l’estime de soi de ces enfants devra être soigné, réparé, avant qu’ils puissent s’épanouir et trouver leur place dans la société.

[6] Id.

[7] THIS, B, Le père, acte de naissance, Paris, Seuil, 1980, p 119

[8] DELAISI DE PARSEVAL, G, La part du père, Paris, Seuil, 1981, pp 13-25

[9] THIS, B, id., p 119

[10] DELAISI DE PARSEVAL, G, id., p 72

[11] DELAISI DE PARSEVAL, G, id., p 93

[12] FREUD, S., Totem et Tabou, Paris, Payot, 1972, 185 p

[13] ABRAHAM, N et TÖROK, M, L’écorce et le noyau, cité par ANCELIN SCHÜTZENBERGER, A.

[14] ABRAHAM, N et TÖROK, Id.

[15] ANCELIN SCHÜTZENBERGER, A., Aïe, mes aïeux !, 1993, Paris, Desclée de Brouwer, p 116

[16] ANCELIN, A., entretien dans MAILLARD, C., VAN EERSEL, P., J’ai mal à mes ancêtres, Albin Michel, Paris, 2002

[17] ANCELIN SCHÜTZENBERGER, A., op. cit. p172

[18] CAILLOCE L., Edith Heard ou la révolution épigénétique, 19/02/2019 dans CNRS Le Journal

[19] ANCELIN SHÜTZENBERG, A., Aïe mes aïeux, Paris, Desclée de Brouwer, p 167

[20] DOLTO F. (1971), Le cas Dominique, Paris, Le Seuil, p 246

[21] FREUD, S., Id

[22] JUNG, C.G., Types psychologiques, éditions Georg, Paris, 1997, p. 110.

[23] JUNG, C. G., L’Énergétique psychique, Genève, Georg, 1973, p. 99.

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